samedi, 01 mars 2008

Exceptionnel ! Rare ! Extraordinaire ! (la preuve par l'image : bis)

En ces temps de célébration du 414ème anniversaire du couronnement d'Henri IV dans la cathédrale de Chartres, voici un royal cheval blanc, ultime vision de près du vitrail de Louis VIII que je vous offre avant, peut-être, une image in situ dans les verrières hautes du choeur.




Merci à LP pour les photographies.

mardi, 26 février 2008

Exceptionnel ! Rare ! Extraordinaire ! (la preuve par l'image)

Il est désormais trop tard pour admirer de près Louis VIII. Vous devrez à partir de demain vous munir de jumelles et scruter les verrières hautes du choeur de la cathédrale.
Quelques images pour vous faire regretter :




L'oeil était dans le heaume et regardait...


lundi, 25 février 2008

Exceptionnel ! Rare ! Extraordinaire !

Je sors de mon sillence pour inviter tous ceux de mes lecteurs se trouvant à moins d'une heure de Chartres (et a fortiori les chartrains bien entendu) à se rendre demain, mardi 26 février, à 19h30 dans la chapelle basse de la tour Sud de la cathédrale pour admirer de près, après restauration, la petite rose d'un vitrail du haut choeur.



Cette rose du XIIIe siècle, représentant le roi Louis VIII de France en chevalier, sera replacée dès vendredi à son emplacement originel, à trente mètres de hauteur. Il s'agit donc d'une occasion exceptionnelle à ne pas manquer, d'autant plus que l'oeuvre est splendide (et en couleurs, naturellement).

jeudi, 06 septembre 2007

I have a dream

La prise de pouvoir de la psychanalyse, au début du XXe siècle, a fait basculer définitivement l’interprétation des rêves du côté de l’intime et de l’introspection, alors que pendant des siècles, et à tout le moins pendant le Moyen-âge, le songe fut un moyen d’expliquer le monde et ses mystères, de prédire le futur ou de deviner le passé.
Dans un contexte théologique, la Bible et la vie des Saints fourmillent de rêves, permettant la médiation de l’homme et de Dieu (ou du Diable), sous une forme peut-être plus acceptable pour le quidam que de véritables apparitions.

C’est ainsi que les vitraux de la cathédrale de Chartres nous montrent de nombreux dormeurs (notons cependant immédiatement que les concepteurs du programme de la vitrerie chartraine n’ont guère versé dans la rêverie légendaire et fantastique, se concentrant sur leurs objectifs théologiques et politiques).

A tout seigneur, tout honneur, Charlemagne est enjoint, dans un songe, par Saint Jacques de délivrer son tombeau à Compostelle.


Dans la même verrière, Charlemagne de songeur devient songé, puisqu’il apparaît à l’empereur byzantin Constantin, lui annonçant son aide contre les sarrasins.


Des bons rois (selon l’Eglise), passons aux mauvais rois dans le vitrail de Saint Etienne. Le mauvais roi songe en effet au Diable.


Du vitrail et des rois à la sculpture et aux mages, ou aux rois mages, avertis en songe, au portail Nord, de ne pas retourner vers Hérode.


S’il est un homme aux songes dans la Bible, c’est bien Joseph, le fils de Jacob. Dans le vitrail qui lui est consacré (en tant que préfigurateur de Jésus), le songe aux étoiles est figuré (11 étoiles, la lune et le soleil).


Mais c’est surtout comme interprète des rêves d’autrui qu’il est représenté, tout d’abord ceux des serviteurs de Pharaon…


...puis celui de Pharaon lui-même.


Bien entendu des saints locaux sont aussi honorés. Tout d’abord Saint Savinien, légendaire évêque de Sens, auquel apparaissent en songe Saint Pierre et Saint Paul.


Et puis évidemment le célèbre Saint Martin de Tours, auquel apparaît le Christ.


Mais il est un autre dormeur, dans les images de Chartres. C’est Jessé, du flanc duquel sort l’arbre portant les rois de Juda et, au sommet, le Christ.


Il s’agit là bien sûr du célèbre arbre de Jessé illustrant à la fois la prophétie d’Isaïe (Un rameau sortira de la souche de Jessé, / un rejeton jaillira de ses racines. / Sur lui reposera l'esprit du Seigneur ) et la généalogie du Christ de l’évangile selon Saint Matthieu.



Mais alors, le Christ, et le christianisme par conséquent, ne serait donc qu’un songe de Jessé ?

samedi, 01 septembre 2007

Modeste est mère de l'Eglise

L'influence française sur la cathédrale de Strasbourg est attestée tant historiquement que stylistiquement, quoique que les apports de la Bourgogne ait été mis en avant par certains historiens allemands pour des raisons idéologiques – le dôme strasbourgeois est un lieu à la fois de passage et de confrontation. La Bourgogne ayant longtemps été rattachée au Saint Empire Romain Germanique, des racines bourguignonnes sont en effet politiquement plus correctes, dans le Reichlsand allemand, que des sources parisiennes, chartraines, sénonaises ou rémoises.

La juxtaposition de Modeste, sainte locale et légendaire sculptée au portail Nord de la cathédrale de Chartres au début du XIIIème siècle, et de l’Eglise, installée postérieurement au portail du transept sud de la cathédrale de Strasbourg, est pourtant particulièrement éclairante et guère contestable.


mercredi, 20 juin 2007

Vue/Vie future





vendredi, 15 juin 2007

Les clefs de Chartres

Après l'orgie de clefs du XVIIème siècle du billet précédent, je vous offre les clefs de la cathédrale de Chartres, attributs de Saint-Pierre, sculptées au début du XIIIème siècle.


A gauche Saint Pierre au portail Nord - A droite Saint Pierre au portail Sud


mercredi, 06 juin 2007

Le roi et le pigeon (fabliau)



Le roi à la chasse avait lancé un faucon
Mais sur son bras revint un pigeon.
Aussi, à défaut de vanneau, de perdreau ou de pluvier,
Avec ce pigeon il fit un chartrain pâté.

mardi, 08 mai 2007

La valeur du travail

Le portail Nord de la cathédrale de Chartres est d’une grande complexité, d’une grande richesse, d’une grande beauté, aussi ; quelque soit le versant par lequel on l’aborde, il y a toujours un détail à découvrir, une mise en perspective ou en abyme qui apparaît, ou une leçon à en tirer.
En ce jour de l’octave de la fête du Travail, et celui-ci ayant été au cœur du discours des deux candidats présents au second tour de l’élection présidentielle, il m’est venu à l’esprit que le labeur, tant intellectuel que manuel, des hommes et des femmes était largement présent, en particulier sur les voussures des trois porches.

La voussure intérieure du porche gauche associe la vie contemplative et la vie active.


La lecture, la méditation et la prière symbolise la contemplation.





Le travail de la laine représente l’action, complément nécessaire de la pensée.


La voussure intérieure du porche droit est constituée des travaux des mois, classiquement en regard d’un zodiaque sculpté sur la voussure extérieure.


Le vigneron travaille dans ses vignes.



Le vannier ramène de l’osier sur son épaule.


Le plus intéressant est sans doute le porche central dont les voussures représentent d’une part la création du monde, et d’autre part la chute d’Adam et Eve et leur expulsion du Paradis.
En effet, « [Dieu] dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point ! Le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. » (Genèse 3.17)
« Et l'Éternel Dieu le chassa du jardin d'Éden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. » (Genèse 3.23)


Nous voyons bien Adam peiner sur sa bêche, tandis qu’Eve file la quenouille. Mais Dieu, sous les traits du Christ, ne les maudit pas.

Bien au contraire, il bénit le travail de l’homme et de la femme.

vendredi, 04 mai 2007

Une histoire de façade[s]

Il y a pratiquement un an, et cela quelques mois après mon arrivée à Chartres, j’avais fait une tentative de reconstitution de la façade de la cathédrale romane de Chartres, avant l’incendie de 1194. Il s’agissait en fait plutôt d’une fantaisie, contrairement à la manipulation d’images à laquelle je m’étais livrée sur la façade de Strasbourg.

J’indiquais à la fin de cette note :
«Une autre tentative, peut-être, plus tard, après de profitables lectures érudites...»

Je suis actuellement en train de constituer une documentation succincte qui me permettra de proposer à mes hôtes des visites guidées sans trous de mémoire, erreurs ou embrouillaminis. A cette occasion, je me suis penché de nouveau sur la façade romane chartraine, et je pense que je suis en mesure de proposer des images plus sérieusement documentées.


Quand en 1006, Fulbert, l’un des plus grand érudits du temps, est nommé évêque de Chartres, son église-cathédrale n’a pas la dimension que requerrait la renommée du pèlerinage marial et l’accueil des nombreux pèlerins.
Aussi, quand en 1020, l’édifice est détruit par un incendie, le nouveau bâtiment, consacré en 1037, sera très imposant, puisque, tant en longueur qu’en largeur, sa taille est quasiment celle de la cathédrale actuelle.
Si l’église basse est toujours là (elle est aujourd’hui dénommée incorrectement « crypte »), nous ne savons en revanche que peu de choses sur la façade du XIe. Un clocher-porche est cependant une hypothèse probable, comme celui de l’abbaye de Saint-Benoît sur Loire, par exemple, ou encore, pour rester à Chartres, celui de l’église Saint-Père :


Près d’un siècle plus tard, en 1134, un important incendie détruit une partie de la cité. Profitant de l’espace ainsi libéré, et souhaitant offrir à leur église un porche plus moderne, digne de la renommée du sanctuaire et de son école, les chanoines et l’évêque du temps décide la construction d’une nouvelle façade, d’un style roman à son apogée, commencée par les étages inférieures des deux tours, continuée par le portail central (dit portail royal) et achevée en 1170 par l’admirable flèche de la tour Sud, la tour Nord restant quant à elle inachevée.


Peu de temps après, en 1194, un nouvel incendie détruit la cathédrale de Fulbert, couverte d’une charpente de bois, épargnant toutefois l’église basse et la façade (ainsi que la relique du voile de la Vierge, d’une façon si miraculeuse que l’on se demande si l’incendie était accidentel ou volontaire, tant la soif de modernité du tout récent style gothique étreignait le chapitre chartrain). La reconstruction commence immédiatement et sera menée tambour battant.
La décision de conserver la façade ayant été prise, il fallait cependant y apporter des modifications, d’une part pour l’adapter au goût de l’époque, et d’autre part en raison de la hauteur plus importante de la nef. Une rose (ornement gothique s’il en est), une galerie de rois et un fronton triangulaire ont donc été rajoutés au dessus du portail royal et un étage supplémentaire a été édifié sur la tour Nord pour rétablir un certain équilibre.


En 1506, les chanoines profitent de la destruction par la foudre du clocher de bois et de plomb de la tour Nord pour confier à l’architecte Jehan de Beauce la construction d’un nouveau clocher en pierre, dans un style de transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance, « de la hauteur du clocher de pierre d’icelle église ou autre haulteur plus convenable et le plus honorable et sumptueux que faire se pourra. »


C’est à peu de choses près, et nonobstant la destruction du trumeau du portail central, la façade telle que l’on peut la voir aujourd’hui.

Viollet-le-Duc a affirmé, dit-on, que la Madeleine de Vézelay était le plus bel exemple d’harmonie entre les styles roman (la nef) et gothique (le chœur).
Cela est certes vrai, mais la façade de la cathédrale de Chartres n’est pas moins harmonieuse, quoiqu’encore plus composite.

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